Archive pour avril 2010

« Ils n’ont qu’à devenir français ! »

mardi 6 avril 2010

assemblee nationaleGrand événement à l’Assemblée Nationale le 25 mars dernier : M. Georges Siffredi a honoré de sa présence les bancs des députés de la nation. Le fait est assez rare pour être souligné : avec quatre interventions en séance, l’année 2009 n’aura pas épuisé le député de notre XIIIème circonscription des Hauts-de-Seine (comme nous nous en sommes déjà émus par deux fois auprès de lui… sans réponse, cela va sans dire).

Et voilà qu’avec le printemps, le diablotin de Châtenay-Malabry sort de sa boite et trouve enfin le chemin du Palais-Bourbon.

Le sujet du jour est le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne résidant en France, proposition de loi socialiste que soutient une majorité de français et qui fait écho au nauséabond débat sur l’identité nationale qu’ont tenté d’installer Eric Besson et sa droite réactionnaire.

Diantre ! M. Siffredi, qui s’est tu sur tous les sujets de l’année, aurait donc quelque chose à dire sur la question du droit de vote des étrangers ? Les minutes des débats du 25 mars 2010 le prouvent en effet.

Si nul ne sera surpris d’apprendre que M. Siffredi est opposé à l’idée d’augmenter les droits des étrangers, le détail de ses interventions à l’Assemblée Nationale a de quoi faire tomber à la renverse.

A un député qui rappelle que « certains de nos concitoyens, qui vivent sur le sol français depuis cinq, dix, vingt, parfois cinquante ans, aimeraient bien que les grands principes de liberté, d’égalité et de fraternité, les grands principes de citoyenneté et de démocratie voulus par la République française soient enfin mis en œuvre », M. Siffredi répond… « Ils n’ont qu’à devenir français ! », rejetant ainsi la faute de la discrimination sur les discriminés eux-mêmes, feignant de méconnaitre que la naturalisation est le fait de l’État et qu’il ne suffit pas de demander la nationalité française pour l’obtenir, « oubliant » opportunément que le nombre d’étrangers naturalisés, pourtant grande tradition française, a baissé de façon spectaculaire chaque année depuis 2004, depuis que les amis de M. Siffredi sont aux affaires du gouvernement.

« Ils n’ont qu’à devenir français ! » n’est une boutade, me ferez-vos observer ? Mais que penser alors de l’intervention écrite et préparée par M. Siffredi, lue en séance par son auteur et qui contient cet incroyable passage : « Les résidents étrangers, par définition, ne font pas partie de la nation » !

Jean-Marie Le Pen n’aurait pas « mieux » dit.

Comme votre France est laide, M. le Député ! La mienne accueille quand la vôtre fustige. Ma France grandit de ses enfants quand la vôtre s’en méfie.