Compte-rendu du débat participatif

Consultez les synthèses des trois thèmes du débat participatif sur l’éducation.

Antony,
mercredi 17 janvier 2007

1 – Synthèse du débat « Inégalités et échec scolaire »
2 – Synthèse du débat « Quattendez-vous de l’école ? »
3 – Synthèse du débat « Rythmes scolaires et rythmes de vie »

Synthèse du débat « Inégalités et échec scolaire »

1 – Constats partagés au cours du débat

Quatre grands thèmes ont été abordés autour de quatre grands constats :

  • La ségrégation scolaire, découlant directement de la ségrégation sociale, a clairement constitué le thème majeur de ce débat.
    L’ensemble des participants s’est accordé à souhaiter une plus grande mixité sociale au sein des établissements. En effet, alors que, dans la situation idéale d’un mixage équilibré des classes sociales, les meilleurs élèves tirent les moins bons vers le haut, dans les établissements situés dans les quartiers les plus défavorisés, souvent classés en ZEP, on observe le phénomène inverse : ce sont les élèves en difficulté qui tirent les autres vers le bas.
  • Un autre constat s’est dégagé des discussions : celui d’une orientation scolaire déficiente.
    Beaucoup de jeunes sont orientés vers des filières ne correspondant pas à leurs attentes et à leurs capacités. Ces jeunes orientés vers des cursus inadaptés se retrouvent souvent en échec scolaire.
    On observe malheureusement aussi une mauvaise adéquation entre marché de l’emploi et formation des jeunes. Ainsi, l’obtention d’un diplôme ne garantit pas l’accès à un travail correctement rémunéré.
  • La réponse apportée aux élèves qui « décrochent » semble inappropriée à la plupart des intervenants.
    Les enseignants ne sont pas en mesure de consacrer un temps suffisant aux élèves en difficulté.
    Le redoublement n’est que rarement bénéfique (il peut l’être dans le cas par exemple d’un élève ayant manqué la classe pendant une période longue en raison d’une maladie). Il a plutôt pour effet de stigmatiser l’élève en difficulté sans apporter de solutions à ses problèmes.
    Le soutien scolaire, lorsqu’il existe, souffre très souvent d’un manque de moyens criant : salles exiguës, bruyantes et mal entretenues, manque de bénévoles,…
  • Enfin les missions de l’éducation nationale ont été modifiées en profondeur : on demande aux professeurs d’assurer, en plus de leur rôle d’enseignant, un rôle d’éducateur, de participer à la politique de santé publique, de jouer un rôle social,… Il est clair que cet élargissement des missions rend le rôle des professeurs de plus en plus complexe et exigeant.

2 – Causes de la situation actuelle

Pour chacun de ces quatre grands axes de réflexions, les participants au débat ont pu lister un certain nombre de causes contribuant aux effets observés.

  • La ségrégation scolaire :
    La ghettoïsation de certains quartiers contribue à concentrer dans les établissements situés dans les quartiers les plus populaires des élèves rencontrant de nombreuses difficultés : mauvaise maîtrise de la langue française, manque de place pour travailler, parents peu présents aux heures où les devoirs doivent être faits, parents au chômage ou rencontrant de sérieuses difficultés financières,…
    Ce phénomène de ghettoïsation est encore accentué par le fait que de nombreuses familles des classes moyennes ou aisées réussissent à contourner la carte scolaire afin d’éviter que leurs enfants ne fréquentent les collèges classés en ZEP. Ainsi 10% des élèves bénéficient de dérogations pour aller dans un autre collège que celui de leur secteur et 20% des élèves vont en école privée. C’est donc 30% des familles qui échappent à la sectorisation.
    Les élèves des classes populaires sont donc confrontés à de nombreux obstacles :

    • Comme déjà évoqué, les élèves en difficulté, plus nombreux qu’ailleurs, tirent les autres vers le bas.
    • De plus, comment prendre confiance en soi lorsque la société vous renvoie un message du type : « tu es un cas social puisque tu es dans une ZEP ».
  • Une orientation scolaire déficiente :
    Plusieurs raisons contribuent à ce résultat :

    • Le nombre de conseillers d’orientation est trop faible pour que chaque collégien puisse être rencontré et conseillé de manière personnalisée, en prenant en compte sa personnalité, ses goûts et ses aptitudes.
    • Les filières techniques ou manuelles souffrent d’un déficit d’image. Une des raisons en est le salaire souvent faible des métiers vers lesquels elles débouchent.
    • La grande majorité des professeurs de collège sont passés par la filière générale et ont toujours travaillé dans l’éducation nationale. Ils ont donc une très mauvaise connaissance des filières techniques ou manuelles et des métiers auxquelles elles conduisent. Ils ne sont par conséquent pas bien placés pour conseiller efficacement les jeunes.
    • Certaines filières techniques ne disposent que de très peu de places et il s’avère tout aussi difficile d’y entrer que d’accéder aux filières générales plus côtées.
  • Réponse inappropriée aux élèves qui « décrochent »
    Le manque de moyens est une des principales raisons à cet état de fait :

    • Le nombre d’élève par classe est trop élevé. Les instituteurs et professeurs enseignant dans des classes d’une trentaine d’élèves ne peuvent adapter leur enseignement à chacun d’entre eux et consacrer le temps nécessaires aux élèves rencontrant le plus de difficultés.
    • Les établissements n’ont pas les ressources nécessaires, financières et humaines, pour mettre en place un système de soutien scolaire efficace.

    Par ailleurs, de nombreux intervenants ont regretté que l’effort ne soit pas suffisamment valorisé aujourd’hui dans notre système éducatif.

  • Les missions de l’éducation nationale ont été modifiées en profondeur :
    Cette évolution est due en grande partie à la massification de l’éducation nationale. En effet toutes les classes sociales voient aujourd’hui leurs enfants aller au collège et au lycée. Pour beaucoup, les manquent de temps et n’ont pas, eux mêmes, poussé suffisamment leurs études pour être en mesure d’assurer le soutien scolaire de leurs enfants en cas de besoin.
    Ainsi l’attente de ces familles défavorisées va bien plus loin que la seule mission d’enseignement :

    • Elles souhaitent que le système éducatif aident leurs enfants à faire leurs devoirs et leur apportent des méthodes.
    • Lorsque leur travail ne permet pas aux parents d’être présents quand les enfants sont à la maison, ces familles attendent également que les enseignants assurent une partie de l’éducation de leurs enfants (respect des règles de la vie en société, politesse,…).

    L’état demande également à l’éducation nationale, parce qu’elle représente le lieu privilégié pour toucher la presque totalité des jeunes, d’assurer une mission de service social et de santé.

3 – Propositions

Quelques pistes ont été identifiées pour répondre aux quatre problématiques abordées. Il ne s’agit bien sûr que d’un point de départ pour construire des solutions efficaces.

  • Pour lutter contre la ségrégation scolaire :
    Si le constat de départ était largement partagé, des divergences marquées apparaissent quant aux réponses possibles :

    • Pour certains, la ségrégation scolaire ne pourra être combattue qu’en imposant une vraie mixité sociale dans chaque secteur et en rendant quasiment impossible de contourner la carte scolaire. Ainsi les actions à mener sont multiples : conduire une politique de l’urbanisme qui garantisse une bonne mixité sociale dans tous les quartiers, limiter à l’extrême les dérogations accordées pour inscrire un jeune hors de son établissement de rattachement, mettre fin aux subventions accordées aux établissements privés sous contrat.
      Pour les défenseurs de cette position, la désectorisation est dangereuse. Les expériences déjà menées en ce sens, à Paris par exemple, auraient abouti à un accroissement des inégalités (voir rapport FCPE).
    • Pour d’autres au contraire, la sectorisation stricte ne peut garantir la mixité sociale au sein des établissements et d’autres voies doivent être explorées. Les tenants de cette position doutent de la possibilité d’imposer, à court ou moyen terme, une vraie mixité sociale sur tout le territoire et dans chaque quartier. Ils mettent en avant les effets pervers de la sectorisation : « Les familles qui logent dans le 5ème arrondissement de Paris sont finalement très satisfaite de la sectorisation ». Dans les zones plus mélangées par contre, seuls les familles les plus aisées peuvent contourner la carte scolaire en obtenant des dérogations ou en payant pour inscrire leurs enfants dans un établissement privé. La solution serait donc d’assouplir la sectorisation afin de permettre aux familles moins favorisées de choisir leur établissement comme le font les familles aisées.

    Pour tous, tenant de la sectorisation stricte ou pas, tant que la mixité parfaite ne sera pas assurée, il faut donner plus de moyens aux établissements accueillant une plus forte proportion d’élèves en difficulté. Ces moyens doivent être à la fois financiers et humains en motivant des professeurs expérimentés à venir enseigner dans les établissements classés en ZEP et en assurant la présence d’un plus grand nombre d’adultes. Cette adaptation des moyens ne doit pas s’accompagner d’une adaptation des contenus : l’état doit garantir que les mêmes programmes sont suivis quels que soient les établissement afin d’offrir à tous le même niveau d’instruction.

  • Pour améliorer l’orientation scolaire :
    L’enjeu est ici de limiter le déterminisme social qui fait que « les filières cadres, c’est pour les enfants de cadres, et les filières ouvrières, c’est pour les enfants d’ouvriers ». L’amélioration de l’orientation des élèves pour conduire chacun vers une voie correspondant à ses aptitudes et ses goûts et lui ouvrant des perspectives d’emploi raisonnables devrait passer par les actions suivantes :

    • Augmenter le nombre de conseillers d’orientation dans les collèges afin que chaque jeune puisse être conseillé de manière personnalisée, en prenant en compte sa personnalité, ses goûts et ses aptitudes.
    • Faire intervenir, au-delà des professeurs et des conseillers d’orientation, des personnes représentant les différentes filières et métiers. Ces personnes seraient plus à même de parler concrètement de ces différentes voies aux collégiens.
    • Dans certaines filières professionnelles répondant à de vrais besoins sur le marché du travail, le nombre de place devrait être augmenté afin de garantir un accès moins sélectif.
    • Il est nécessaire de revaloriser les filières techniques ou menant à des métiers manuels mais le déficit d’image dont souffrent certaines filières est difficile à surmonter. En effet il est souvent lié au trop faible niveau de salaire des métiers manuels. Il y a donc là un enjeu de société bien plus large que celui de l’éducation nationale. Ce devra être l’un des axes de travail du futur gouvernement.
  • Apporter une réponse efficace aux élèves qui « décrochent »
    Diverses voies peuvent être explorées pour aider efficacement les élèves en difficultés et leur redonner confiance :

    • La première des mesures consiste à limiter le nombre d’enfants par classe afin que les professeurs puissent consacrer plus de temps à chaque élève.
    • La mise en place d’un système d’aide aux devoirs et de soutien scolaire dans chaque établissement est bien sûr également un élément incontournable de la solution. Des moyens spécifiques seront nécessaires pour cela : moyens humains, locaux appropriés et propres,…
    • Le redoublement doit être réservé à des situations très spécifiques, lorsque l’enfant a dû manquer les cours pendant une période longue pour cause de maladie par exemple.
    • Certains évoquent la nécessité d’une plus grande présence des professeurs dans les établissements en dehors de leurs heures de cours. Pour permettre cela, les locaux doivent être adaptés afin que chaque professeur ait un bureau ou une pièce lui permettant de travailler.
    • L’éducation nationale ne pourra pas tout résoudre. Les citoyens doivent également « se prendre en main ». Un « service volontaire citoyen de l’Education Nationale » pourrait être créé par participer à la mission d’enseignement et d’éducation.
    • Enfin l’effort doit être valorisé auprès des enfants. Il est important de faire passer le message qu’il n’y a pas de réussite sans effort.

 

4 – Les missions de l’éducation nationale

Une réflexion doit être menée pour redéfinir la mission de l’éducation nationale et le rôle de chaque acteur. Doivent être prises en compte les attentes dans les domaines de :

  • l’enseignement,
  • l’éducation et la vie en société
  • l’aide aux devoirs et l’acquisition de méthodes,
  • le soutien scolaire
  • l’encadrement spécifique destiné aux élèves en difficulté
  • le support aux services sociaux et de santé

Il faudra ensuite donner à chaque intervenant les moyens de remplir les missions qui lui auront été confiés.

 

Synthèse du débat « Qu’attendez-vous de l’école ? »

1 – Constats partagés au cours du débat

  • Enseignement /Education :
    • Les profs doivent revenir sur leur «métier » : transmettre les savoirs (le programme), savoir dialoguer avec les jeunes, mais au cours du débat, on s’aperçoit que ce métier est inséparable d’une visée éducatrice, car l’école est la 1ère société expérimentée par les enfants, le prof doit gérer les groupes, incarner la notion de justice, d’égalité, de respect de l’autre, de tolérance. A la fin, le volet « éducation » s’intègre à celui de l’enseignement.
      Un participant a souhaité une « homogénéisation » du Primaire : que les chances des enfants soient le plus possible les mêmes à la sortie du CM2.
    • Dans la même intervention, on entend des choses contradictoires : « enseignement, et non éducation, car pour l’éducation, il y a d’autres intervenants (…) On doit rendre aux profs la fonction d’enseigner : l’école est la 1ère société, pour l’enfant : notion de justice. On devrait s’inspirer du management. »
      2 personnes souhaitent revenir « au bon sens » et limiter le rôle de l’école dans l’éducation à une discipline de bon aloi, et à l’acquisition de mécanismes inculqués, selon M. de Robien.
      Plusieurs autres souhaitent « qu’on flanque en l’air les trucs de Robien »…
  • Orientation :
    • Terrible pierre d’achoppement pour beaucoup de familles car se fait par l’échec.
      Sentiment d’injustice, de discrimination : ex d’une famille qui a suivi démocratiquement la carte scolaire, ce qui a mis les enfants en queue de peloton pendant que d’autres se débrouillaient pour rejoindre les grands lycées et filer en prépa d’ingénieurs.
      La question de l’autonomie des jeunes et du financement des études a été évoquée.
    • « L’école est trop théorique, surtout au niveau du Collège, beaucoup d’enfants sont largués, è se désintéressent, le niveau chute, d’où redoublements en pure perte de temps, d’intérêt, d’énergie : en fin de Collège la sélection est faite, et l’orientation ne tient aucun compte des souhaits des jeunes dans les spécialités » (la France championne du Monde des redoublements NDLR).
  • Le drame, c’est la dévalorisation des métiers techniques et manuels (unanimité absolue du groupe).
  • Urgence de les réhabiliter concrètement, au Collège en particulier.
    Un participant évoque l’intérêt d’une revalorisation du compagnonnage.
    Plusieurs ont demandé la poursuite du développement de l’apprentissage, ainsi que la facilitation des passerelles (« droit à l’erreur » dans l’orientation initiale).
  • Autosuffisance et fermeture de l’école sur elle-même : elle ne s’appuie pas sur les ressources qui l’entourent, vit en vase clos, aussi bien dans les classes que dans l’administration (mode de gestion humaine des conflits, des groupes, des activités…).
    Plusieurs participants souhaitent le développement de « tiers lieux éducatifs », pour recréer un lien entre la faille et l’Ecole (ancien rôle des scouts, des patronages…).
    L’ouverture sur l’Europe a été demandée par plusieurs : ouverture de l’Ecole sur le reste du Monde, autour de l’établissement et à l’étranger.
    « Notre système éducatif fait preuve de beaucoup d’autosuffisance » (= arrogance ? ndlr).
    « L’école est le seul lieu qui peut faciliter l’accès à la culture et au sport, cela fait partie de son rôle éducatif ».
    « Créer des lycées européens dans chaque commune de plus de 30 000 habitants ».
    « Préférer des emplois-jeunes » à des étudiants pour ne pas favoriser la précarisation ».
  • L’évolution des élèves depuis 10 ans : ils s’enferment dans leur bulle de son, leur lecteur MP3, « ailleurs ». Il n’y a plus de groupes, plus d’échanges. Les jeunes sont très immatures, en proie à une envie de satisfaction immédiate de leurs désirs, et selon certains témoignages à une relation trop « affective » et pas assez raisonnée avec les adultes présents dans l’Ecole.
    L’école ne fait que reproduire la société, elle ne joue plus le rôle d’ascenseur social.
    Un prof de Collège : C’est un gâchis d’énergie pour les profs de tenter de ramener au travail des jeunes sur la défensive, très remontés contre le système scolaire, ou au moins en repli, en « désaffiliation » par rapport à l’école.
    Cela est aussi lié au nombre d’élèves par classe, dont l’impact a très bien été décrit récemment par Thomas Picketty.
    Un ingénieur a trouvé parmi ses collègues 95% de fils d’ingénieurs.
  • Poursuivre la réflexion :
    • Très gros problèmes avec le Collège : ses dysfonctionnements amènent profs, parents et élèves à désespérer du Collège, et bien sûr, on en vient à souhaiter une réflexion approfondie sur le Collège unique. Il est très sélectif, car trop monolithique dans sa façon d’enseigner, il dégoûte une partie des jeunes qui décrochent. C’est de lui que part la dévalorisation des filières techniques et manuelles. (voir propositions plus loin).
    • Il faut améliorer la formation des enseignants, car pour l’instant ils se sentent très démunis en arrivant dans le métier, et n’en déplaise à M. de Robien, ils doivent apprendre la pédagogie, car les « bonnes vieilles méthodes » ne peuvent permettre aux jeunes d’aujourd’hui de s’orienter correctement dans la modernité , maintenant qu’on emmène 80% d’une classe d’âge au bac (déjà qu’en 1950, elles entraînaient 50% d’échec au certificat d’études… ! ndlr). Il faut apprendre à se remettre en cause, à s’ouvrir à la nouveauté car le monde change (Cf. les lecteurs MP3 sur les oreilles, les portables…), à travailler en équipe d’enseignants…
      Il faut payer le prix de cette formation : cela prend du temps. Certains ont évoqué la piste d’une ouverture des carrières de direction d’établissement à des cadres non enseignants…
    • Orientation : nombreuses pistes à explorer, qu’il s’agisse de la création d’équipes pluridisciplinaires, ouvertes sur l’extérieur de l’Ecole, pour aider les jeunes à choisir réellement leur voie ; les lois Borloo ont permis de mettre en place des « projets de réussite éducative », un témoignage souligne le côté positif de ces actions.
    • Il faut améliorer le partenariat de l’école avec les parents, au lieu de se rejeter les uns sur les autres l’amertume de nos échecs. Ce n’est pas facile à faire dans des quartiers sensibles regroupant beaucoup de familles en désarroi, et de gamins aux vies bien cabossées. (à inclure aussi dans la formation des profs, ce volet).

2 – Les causes

Excusez le rapporteur : les causes ont dû rester accrochées aux constats. On pourrait évoquer la perte d’un projet partagé, la déception par rapport à l’égalité des chances, qui ramène vers l’élitisme.

Une réflexion : « Il ne s’agit pas de l’échec de l’école, mais de l’échec de la société, car elle est incapable de se donner un projet éducatif. ».

3 – Propositions

  • « L’école a un but : est-il partagé par les élèves et les enseignants ? Il faut redéfinir le rôle éducatif de l’école. » Ensemble.
    « L’essentiel, c’est de motiver les élèves. »
    « Revaloriser aussi la fonction enseignante, et les salaires des profs » . (personne non-enseignante)
  • Il faut mettre en chantier une école porteuse d’espoir, avec un projet : permettre à TOUS les enfants, de 3 à 16 ans, de se construire et d’apprendre les fondamentaux nécessaires à un citoyen pour vivre en société et développer ses compétences sociales, personnelles, intellectuelles, culturelles, professionnelles.
    Chaque enfant a absolument besoin de tout ce temps pour cette formation de base, mais il doit pouvoir la mener en étant accompagné de façon personnalisée, et en travaillant de façon diversifiée pour trouver la meilleure entrée pour lui dans les savoirs, pour essayer plusieurs entrées aussi.
    Valoriser et partager aussi une culture générale qui permette d’aborder les difficultés du monde et de le comprendre.
  • La part de l’expérimentation par les jeunes doit augmenter fortement : tout le groupe demande qu’on développe l’enseignement par alternance avec des périodes de stages et des périodes de réflexion, de formation, dans le secondaire et le supérieur.
    « obliger les entreprises à prendre des stagiaires, même par des moyens coercitifs »
  • Le rôle du Collège, entre le primaire et la fin du secondaire : sa mission (comme avant, de l’école, et après, du lycée) est de former tous les jeunes entre 11 et 15 ans à vivre ensemble, « faire société », coopérer, et à acquérir des savoirs, des compétences, et des méthodes, à se donner des projets pour s’orienter, découvrir les métiers dans leur diversité et leur utilité.
    Le Collège se doit aussi d’accompagner chaque enfant en diversifiant les voies d’approche des notions, et en assurant des tutorats personnalisés. Ce qui suppose une mutation du métier d’enseignant.
    Eviter les ruptures trop dures entre le primaire et le Collège : diversifier dès le primaire, autonomiser les enfants progressivement.
    Organiser des tutorats inter-âges avec des étudiants
  • Travailler l’orientation, localement et régionalement.
    L’orientation peut s’appuyer sur les ressources locales et régionales, en faisant davantage appel aux parents, au monde du travail.
  • Veiller à la parité filles/garçons.
    Attention de ne pas orienter plus les filles vers des filières sans débouchés, de sorte que plus tard, leur place dans le travail reste subalterne.
  • Ouvrir l’école sur le monde, la vie réelle.
    Faire connaître les métiers des parents, faire des visites de sites de travail, culturels etc …
    Faire appel aux Compagnons, à des artisans, pour valoriser le travail manuel en le faisant connaître.
  • S’ouvrir sur l’Europe (unanimité très forte)
    Dans chaque ville, créer un lycée européen avec échanges d’enseignants, d’élèves, enseignements donné dans plusieurs langues.
  • S’ouvrir sur d’autres structures : « Coup de pouce », contrats de réussite éducative, mouvements de jeunes, Assos sportives, conservatoires de Musique et de Danse …
    « Cesser de considérer ces structures comme rivales : elles tentent de rendre les jeunes plus disponibles pour les apprentissages scolaires. » elles sont complémentaires.

Synthèse du débat « Rythmes scolaires et rythmes de vie »

Rappel préliminaire: le rythme scolaire concerne l’élève, le rythme de vie concerne l’enfant dans son activité globale de la journée.

1 – Horaires d’ouverture de l’école

Deux thèses s’affrontent :

  • Horaires d’ouverture de l’école incompatibles avec les horaires des femmes très sollicitées par leur travail. Besoin de garderie.
  • Réaction : école ouverte trop longtemps, certains enfants y séjournent de 7h1/2 jusqu’à 18 ou 19 h. Attention, l’enfant risque de saturer et de se dégoûter de l’école. Les parents restent rarement de11 à 12 heures de rang sans sortir de leur lieu de travail tous les jours. Ce n’est pas à l’enfant de s’adapter au rythme des parents.

2Rythme annuel

En France, les semaines scolaires sont longues et l’année est courte : c’est le record européen. Pourquoi ne pas revenir à l’expérimentation effectuée dans le passé, pendant un an, mais non renouvelée : 7 semaines de travail suivies de 2 semaines de congé. Cette formule semble recueillir l’unanimité.

3 – Rythme au collège

  • Demande unanime d’un horaire régulier au collège, comme cela existe dans le privé.
  • ttention : le rythme scolaire doit être adapté à l’élève et non pas à l’enseignant. Disparité entre établissements concernant la garde des élèves durant les inter classes.
  • Développer l’étude au collège et les activités périscolaires pour combler les trous des inter- classes.
  • Création de tiers lieux éducatifs pour concilier les besoins de chacun.
  • Faire évoluer les normes de construction au collège pour intégrer des salles destinées aux activités périscolaires. Exemple : à François Furet, le Conseil Général a bien respecté les normes de construction mais celles-ci ne prévoient aucune salle supplémentaire pour ce type d’activités.
  • Attention, demande sous jacente des parents que leurs enfants soient pris en charge bien au delà de l’enseignement. Un directeur d’établissement fait remarquer que certains élèves arrivent à 9h le matin au lieu de 8h, sans motif valable et avec le consentement des parents.
  • En dehors du collège, les nombreuses activités de certains élèves telles que danse, musique, théâtre, sports…ne seraient-elles pas de la garderie camouflée occasionnant un surcroît de fatigue pou l’enfant ?

4 – Autres interventions

  • Généraliser le paiement par l’employeur des journées de garde d’enfant.
  • Diminuer le coup des colonies de vacance afin d’en faire profiter un maximum d’enfants. Cantines trop chères d’où peu fréquentées par les milieux défavorisés.

5 – Commentaires du rapporteur et de nombreux participants

  • La majorité des intervenants étaient des enseignants, ce qui a faussé les débats; et surtout, beaucoup d’entre eux ont plus tenté de justifier l’état
    actuel que de vouloir l’améliorer.
  • Hors réunion, un des participants suggère que ce type de réunion plénière – parents, élèves, enseignants – soit précédée de deux réunions préparatoires indépendantes réunissant d’un coté parents et élèves et de l’autre les enseignants.

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